Suivi des opérations

- Mi-juin : le manuscrit est corrigé, les images sélectionnées, la phase de mise en page peut commencer. Elle durera un mois.

- Fin juillet : dernier travail de modification sur les pages montées avant le BAT (bon à tirer). Le document final peut être remis à l’imprimeur.

- Août : trêve estivale, léthargie généralisée.

- Début septembre : impression (3 000 exemplaires).

- Mi-septembre : l’objet tant attendu est enfin entre nos mains. Les premiers exemplaires peuvent être envoyés aux médias en service de presse.

- Mi-octobre : sortie du livre en librairie. Pour accompagner l’événement, les auteurs organisent une semaine de débats, de projections et de musique dans un lieu interlope parisien dont ils gardent encore le secret.

Métaphore 1 : une longue course de relais

Voilà la grande leçon de cette aventure : l’élaboration d’un livre est une longue course de relais où, même après le passage de témoin, les marathoniens continuent à courir. La tentation pour nous, auteurs, naïfs et novices, fut d’abord de croire qu’une fois accomplie notre contribution de journalistes, une fois le texte écrit et les photos prises, nous pourrions rendre notre tablier et attendre patiemment que la magie de la mise en page et de l’impression opère. La réalité de l’affaire s’est révélée bien différente. Pendant six ans, Cyril a accumulé les reportages photo. Pendant un an, j’ai accumulé les notes et les interviews. Ensemble, nous avons arpenté le terrain, emboîté le pas des militants dans leurs actions, partagé leurs émotions. Puis nous avons mis en forme et en cohérence le fruit de nos observations. Mais ce que nous ne savions pas, c’est qu’après avoir posé le point final, il restait à accomplir un travail de conception auquel nous avions encore toute notre part à prendre, et dont, malgré la collaboration active et éclairée de notre éditeur Gérard Aimé, nous ne voyions jamais le bout : choix du papier, du format et du titre, discussion des termes du contrat, élaboration d’un chemin de fer aussi précis que possible, sélection draconienne des photos à partir d’un fonds insondable de près de 10 000 photos, avec pour chaque image des débats et des déchirements cornéliens à assumer… Ce fut là tout notre travail du printemps 2009. Celui de l’été et de l’automne sera ensuite axé sur les nécessités de la communication.

Métaphore 2 : la petite musique des images et des mots

Il en va pour un livre comme pour toute création collective. Dans un album de musique, l’apport du parolier et du compositeur ne constitue que l’ingrédient de base, une part essentielle mais néanmoins infime d’un important travail de réalisation. De même, pour un livre, la mise en synergie du texte et des photographies ne peut pendre sens qu’à l’intérieur d’un chantier plus vaste, comparable à celui qui anime un studio d’enregistrement : arrangements, instrumentations, mixage et mastering.

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